Le mil si nécessaire pour les esclaves, le personnel africain et parfois même européen, doit maintenant venir de Gambie. Jamineau s'y rend à bord du "Conquis", capturant en route un bateau marchand courlandais, "La Sirène", que des marins du "Conquis" ramènent à Gorée. Mais, quand lui-même revient dans l'île, c'est pour y trouver nouvellement arrivé, l'inspecteur Dancourt qui lui notifie sa destitution pour malversation.
Dancourt décide aussi d'écarter le Hollandais Van Doorn, décidemment trop gênant sur la Petite-Côte. Le capitaine de Monségur, commandant "La Catherine" arrivée depuis peu à Gorée, s'assurera de sa personne et le ramenera prisonnier. Mais, c'est le capitaine, lui-même, qui est capturé par un métis portugais, André, hostile à Ducasse depuis 1679. Monségur pourra s'évader. En juillet, il reviendra, à la Pointe Sarène, avec une trentaine d'hommes, s'emparer du métis André, et ramènera à Gorée sa tête qui sera exposée sur un pal à l'entrée du fort Saint-François. La Compagnie veut montrer qu'elle est toujours la plus forte.
Assez curieusement, à cette époque, les principaux officiers de l'île sont de religion protestante. Ne pouvant s'entendre avec eux, un des aumôniers, le Père Mindelet, retourne en France, le 14 avril, par le "Saint-Maurice".
Au début de juin, " Le Conquis" a capturé dans la rivière de Gambie un bateau portugais chargé de 250 captifs. Le commandant du "Conquis" confie le bateau à son second et ramène lui-même sa prise à Gorée. Quelle n'est pas sa stupéfaction de constater, les captifs débarqués, que le personnel de l'île pille sans vergogne l'intérieur du bateau, avant de le renvoyer aux îles du Cap-Vert.
L'île toujours privée de denrées européennes, "Le Conquis" part de nouveau en Gambie chercher du ravitaillement. C'est l'occasion pour les officiers du bord de se livrer à des chasses fructueuses, biches, lièvres, perdrix et pintades abondent dans ces parages, et déguster à la table du gouverneur du fort Saint-James, force verres de punch.
Peu après son retour à Gorée, le 2 juillet, "l'Etoile d'Or" apporte enfin de France le ravitaillement désiré. Après avoir admiré la belle ordonnance du fort de la Compagnie commerciale anglaise, son allure militaire, la solidité et la netteté de ses remparts et de son armement, les officiers du "Conquis" ne peuvent s'empêcher d'y comparer le fort Saint-François,capable tout au plus de résister aux guerriers de la presqu'île du Cap-Vert. Les murs du fort sont en partie écroulés. Certains des 24 canons sont privés d'affût ou même à moitié enfouis dans le sol. |