| lundi 23 avril 2007, a 19:43 |
| L’AMITIE DU DAMEL |
A Rufisque où il rencontre volontiers le roi de Cayor, leur amitié connaîtra de mauvais jours, en particuliers à propos d’un lit à la dernière mode et d’une cuirasse que convoite le Damel.
Brue regagne Saint-Louis par voie de terre, devançant des bateaux partis de Gorée en même temps que lui. Il lui a fallu cependant 12 jours de route avec son imposante escorte de 15 cavaliers et de 15 laptots à dos de chameaux, obligé qu’il était de s’arrêter à Macaye, village royal et dans une métairie de signora Catti.
Arrivé à Saint-Louis, il apprend que son ami, le Damel, qui règne aussi sur le Baol, traite à Portudal avec un bateau anglais, alors qu’il a obtenu de lui le monopole du commerce sur la Petite-Côte. Revenu en hâte, il s’empare du vaisseau anglais pourtant armé de 20 canons, l’emmène à Gorée où il est déchargé de son importante cargaison d’esclaves. Fureur du Damel que calme cependant sa propre mère mise par Brue dans son jeu.
Malgré les promesses du roi, Brue n’ignorait pas que ses comptoirs de la côte demeuraient exposés aux convoitises des villageois. Aussi ne les approvisionnait-il qu’en petites quantités et en marchandises de qualité inférieur. La vraie traite, il la voulait à Gorée même. Ce qui déplaisait aux notables du continent et aussi aux directeurs de Paris et à certains de ses commis.
En 1701, la guerre de Succession d’Espagne, rend encore plus aléatoire la protection de ces comptoirs, les escadres anglaises apparaissant aussitôt sur la côte. Espérant amadouer Damel et notables. Brue vient à Rufisque présenter ses meilleures marchandises. Pensant être reçu en ami, seuls deux commis l’accompagnent. Il est immédiatement entouré par la garde royale, désarmé et fait prisonnier, de même que tout les Français de Rufisque et de Hann. Ses marchandises sont pillées.
12 jours plus tard, il suffira de l’arrivée devant Rufisque de plusieurs bateaux français armés, dont 2 navires de guerre, pour que les otages soient libérés. Mais Brue doit verser une rançon de 20.000 livres.
Il se venge aussitôt en renforçant la surveillance des côtes et en interdisant de nouveau toute vente de marchandises. Il prépare une vengeance encore plus sévère, lorsqu’il est remplacé, le 1er mai 1702, par Louis Le Maître durant 5 ans, puis part de La Courbe.
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