| mardi 10 juillet 2007, a 21:41 |
| FUITE DU GOUVERNEUR LA FORE |
Désormais seul à Saint-Louis, Dubellay ne réussira pas mieux à s’imposer dans la concession qu’il dirigera jusqu’en 1725.
Refus d’obéissance et de renouvellement de contrat, désertion et abandon de poste se multiplient. Lassés d’une vie de garnison si terne, des soldats se sauvent au Cayor où ils se font naturaliser « fils de la terre ». Des commis émigrent en Gambie où ils font la traite pour leur compte. Le directeur de Gorée, le sieur La Fore, abandonne son poste où sa mauvaise gestion est patente, et embarque clandestinement, en 1725, à bord d’un navire nantais avec l’aumônier, un commis et 40 esclaves. L’année précédente, il avait pourtant mis en prison dans le fort du Castel un de ses commis, Benoît soupçonné d’intelligence avec les Anglais de Gambie. La fuite de La Fore sera cependant de courte durée, car, à peine hors de vue, le capitaine nantais débarque les trois passagers dans une mauvaise chaloupe munie de quelques vivres, et poursuit sa route avec les esclaves. Les naufragés aborderont à Rufisque et gagneront péniblement Saint-Louis où La Fore passera en jugement. Au contraire, Benoît, son ancien commis, fera encore, 10 ans plus tard, la traite en Gambie pour le compte de la Compagnie.
Le règlement interdisant la présence dans les comptoirs des épouses du personnel marié, les signares jouent déjà un rôle important dans la vie quotidienne de l’île. A la suite de ses prédécesseurs, Dubellay sollicite, lui aussi, l’autorisation d’unions légitimes avec des mulâtresses et entre métis. Il demande l’envoi à Gorée de femmes européennes. « Ces, lui répond-on, auraient la possibilité de commercer pour leur propre compte avec les marchandises détenues par leurs maris ». « Même non mariées légitimement, répond le directeur Delvaux un des successeurs de Dubellay, les concubines des employés supérieurs, pratiquent déjà ce négoce clandestin ». Manquant de personnel compétent, Gorée se résigne à utiliser d’anciens commis ou d’anciens soldats bien installés à leur compte sur le continent.
N’ayant pas sur son personnel le prestige de Brue, Dubellay aggrave les sanctions. La législation de 1714 est renforcée, en 1726, par la création à Saint-Louis d’un tribunal présidé par le directeur général assisté de 4 commis, ayant droit de vie et de mort. |
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